… Ma peinture naît de mes entrailles. Je laisse écrire ma main à l’infini jusqu’à l’émerveillement, la lumière surgit, les couleurs explosent, le tableau commence à naître.
Quand la poésie de la couleur, la poésie de la lumière font la ronde et s’aiment, le tableau triomphe…

Guido Zefferi

 
 
 

…Je n’ai plus de doute et les derniers livres d’astrophysique que j’ai acquis me le prouvent : il y a des traces d’univers, d’énergies dans la peinture de Guido : nuages de gaz, constellations, bouffées de bulles, spirales amoureuses !
J’ai un rapport direct à sa peinture, sensuel…Je  sens un rapport à la matière où le hasard a sa part, comme dans l’univers…

Christian Salengh, 10 mai 2008
 

La peinture de Guido Zefferi est marquée par un mouvement permanent  et saisissant. Mouvement qui traverse l’écran de chaque tableau et  qui est aussi mis en scène dans les oscillations d’esprit engendrées par les paradoxes de son travail.

Il se considère « un peintre  classique-abstrait » et avoue « je pense les couleurs de manière très  française, et les peints à l’italienne! ». Notre regard est happé par  la magie chromatique et incandescente qui s’en dégage. C’est une  oeuvre qui suscite tour à tour une rêverie dans laquelle le regard se perd à l’infini, et un retour abrupt à la surface picturale, fasciné  par une telle maîtrise de la matière.
 

 
Ce  peintre , avec une technique accomplie, fruit d’une longue expérience, déploie toutefois des éléments d’écriture - dans des tableaux qui révèlent chacun de ses gestes - et de sculpture, dans  sa façon de travailler la surface de la toile. Addition/soustraction. Construction/destruction. Un jeu de hasard  minutieusement contrôlé. Le travail de recouvrement  et d’effacement est repris, retravaillé,  et au fur et à mesure le tableau prend vie. Le hasard amène des  figures, des harmonies de couleur surgissent, rythme et lumière  montent à la surface. La toile n’est pas achevée tant qu’elle ne  surprend pas l’artiste. L’émerveillement est dans la trouvaille d’une  gemme lumineuse, extraite d’une gangue matiériste que sa main a patiemment dévoilé.
Transfigurer la matière, une alchimie mystérieuse . . . Voici des  tableaux foncièrement techniques mais jamais froids, dominés par le  bleu mais d’un effet végétal, dotés d’une belle fluidité et d’une  réelle rigueur à la fois. Ils vibrent par leur texture mais sont lisses, lavés à l’eau - un élément essentiel de la transformation de l’œuvre - et doux comme les galets au fond d’un fleuve.
Toutes ces  connotations participent à la fascination exercée sur notre  imaginaire par ces toiles, ajoutent à leur raffinement poussé. Ces  palimpsestes jaspés se livrent à l’interprétation de chacun.
La liberté totale de sa pratique permet à l’artiste, couche par  couche, de répondre à ses inspirations et émotions, et de révéler un univers souterrain de poésie, érotisme, cartographie ou  glyphes obscures. 

« Je crée mon monde imaginaire », dit-il. Un  processus créatif qui dure jusqu’à son émerveillement, et le nôtre.

Lisa Barnett, mai 2008

 
 

D’abord la pâte, épaisse ou liquide, dense, la couleur saturée : le geste est large et rapide.
La texture à laquelle Guido Zefferi s’attaque naît de la sédimentation lente, de la déshydratation de la matière en mille craquelures,  de l’alchimie des couleurs, de l’infiltration et de la fusion des pigments.
A la manière du temps qui modèle un terrain, érode, emporte les éléments fragiles, Guido Zefferi efface, nourrit la matière picturale en filets,  jets, explosions,  nappes successives ruisselantes, écrans de transparence.

 
Il ponce, met à jour, ramène à la surface des couches profondes, joue avec les veines, les crevasses, les cratères de la texture, trouvant dans le magma les traces précieuses qu’il dégage avec précaution comme le squelette, l’architecture de sa peinture, pour en exprimer son essentiel.

Guido Zefferi, en archéologue, fouille la matière, recherche les traces, va au fond de ce qu’il a semé en couches généreuses ; façon de fouiller ses instincts, de les identifier, de retrouver un ordre, de se surprendre.
Il se sert de l’accident, s’en étonne, se l’approprie. Des formes s’imposent à lui. Alors surgit quelque chose d’inattendu, les formes naissent de la matière picturale.

Michèle Escoffier, 9 mai 2008
 
L’œuvre peint de Guido Zefferi semble au premier abord s’ordonner autour d’un principe puissamment volcanique et sidéral. Le magma  incandescent d’une palette en fusion y déverse une myriade d’éclats - aurore faite de vestiges - sur des plans quadrillés, comme s’ils voulaient contenir l’écorce éclatée des formes anciennes et la lumière échappée d’un chromatisme qui ne cesse de se scinder et de s’approfondir en subtils dédoublements.
 

 
On assiste là, non sans émotion, au transfert de l’astrophysique dans le champ pictural, au lancement des fusées de l’esprit vers de lointaines perspectives. La chimie des couleurs et l’alchimie provoquée du regard participent également des opérations en cours, offrant à l’œil la profondeur de champ habituellement réservée au ciel des mystiques et autres privilégiés des grâces extatiques. Pour atteindre à cette dimension sidérale et pourtant intime - humaine sans anthropomorphisme - pour faire briller très haut dans ses peintures le joyau discret d’un métier achevé, Guido Zefferi, tel un antique joaillier, doit connaître très précisément la valeur d’une étoile et le remords de s’éteindre.

Albert Palma, 12 juin 2002